Se relier au cœur

Publié le 16 janvier 2026  /
Se relier au cœur

Se relier au cœur

Je ne saurais dire si nous naissons réellement avec le cœur pur car nous sommes, dans le ventre de notre mère, en connexion avec ses émotions, ses blessures, ses bagages familiaux. Nous sommes le fruit de l’union de nos deux parents. Ainsi, nous portons aussi les bagages de notre père et ce bien avant notre naissance, dans notre ADN. Et si nous allons au-delà encore, nous sommes tous porteurs des mémoires des Hommes à travers les âges. J’ai pu côtoyer cette notion de pureté du cœur récemment à travers un livre de Laurent Huguelit, Mère. Je recommande d’ailleurs fortement cette lecture. Un cœur qui a mal est un cœur qui fait mal, par ignorance, par inadvertance. À soi, aux autres et au vivant. Nous naissons finalement tous avec le cœur blessé. Si ce n’était pas le cas, nous pourrions vivre en harmonie, les uns avec les autres, et nous prendrions soin du vivant. Nous serions conscients de notre impact sur notre environnement, à petite et à grande échelle. 

Nous vivons ainsi dans l’ignorance, en avoir conscience est déjà un pas. Notre seule réelle raison de vivre serait donc d’apaiser ce cœur blessé pour favoriser l’harmonie sur Terre. Chaque personne a un impact, nous sommes tous reliés par ce fil invisible et chaque intention compte. 

Les Humains

À notre naissance, nous avons en partie un cœur pur. Et plus nous évoluons durant cette période de l’enfance, plus des blessures se réveillent et se forment à travers nos expériences. Il me semble que ce passage de l’enfance à l’âge adulte devrait reprendre toute son importance, pour commencer notre vie d’adulte avec une vision éclairée et un cœur apaisé pour faire des choix qui ont un sens pour le collectif. Nous avons tous tellement à apporter pour construire une société plus équilibrée. Aujourd’hui, en France, les maladies physiques et mentales progressent constamment. Il y a un déni quasi-collectif, avec une acceptation pure et simple de ce qui est. On oublie le cœur, on oublie les mémoires, qui tapent à la porte pour être écoutées. Apaiser son cœur est un objectif ambitieux, qui réclame une discipline et une forme d’abnégation. 

Dans la spiritualité, actuellement, on entend beaucoup parler de toxicité, de narcissisme, de domination. Nous sommes tous porteurs de ces mémoires. On érige des victimes et des bourreaux, quand les réponses se trouvent à l’intérieur, dans les profondeurs de notre être. Blâmer les autres peut nous apporter un certain réconfort à court terme, pas à long terme. Cela ne signifie pas que nous devons tout accepter des autres, bien au contraire. Justement, savoir quitter certaines relations est le signe d’un cœur qui commence à s’apaiser. Choisissez vos combats. Cette noirceur nous habite tous et demande à être éclairé. Une noirceur éclairée perd en puissance et peut se dissoudre avec le temps. 

La Nature 

En étant relié au cœur, on se relie à la nature. Cette nature qui nous donne tant, qui prend soin naturellement de nous. Dans nos vies confortables, nous avons cette fâcheuse tendance à tout considérer comme acquis. Nous prenons l’ascendant sur la nature, sans bien le vouloir consciemment, sans vouloir lui faire du mal. Nous manquons d’humilité face à sa grandeur. Plutôt que la détruire, nous devrions la préserver, prendre soin d’elle. J’ai commencé ce combat à travers ma première structure, en 2016, dans le zéro déchet. Je le poursuis aujourd’hui d’une manière différente. Notre manière de consommer à des conséquences, notre manière de nous alimenter à des conséquences. Nous fermons bien souvent les yeux devant l’évidence. Les arbres sont détruits à l’autre bout du monde, ce n’est donc pas notre problème. Les vêtements que nous achetons à bas coût détruisent l’environnement, mais n’en observons pas les conséquences au quotidien, donc nous l’oublions. Des bébés animaux meurent chaque jour dans des conditions déplorables pour nous nourrir, et nous préférons ne pas savoir. Il s’agit d’un constat, pas d’un jugement. Je ne prétends pas être parfaite, loin de là. J’ai pris l’engagement envers moi-même de poursuivre sans cesse mes efforts dans cette voie. 

La nature nous donne sans rien demander en retour et si nous continuons ainsi, nous n’aurons plus rien. L’argent n’achètera pas nos forêts. L’argent peut cependant nous permettre de redonner vie à la nature et à l’émergence de beaux projets permettant de promouvoir de belles valeurs humaines de préservation du vivant. Trouvons l’équilibre, cet équilibre est garant de notre devenir. 

Les animaux 

Ma connexion à toute sorte d’animaux est d’autant plus marquée depuis que j’ai choisi la voie du chamanisme. Ils me délivrent de nombreux messages, ils sont des guides au quotidien. À commencer par mon tambour, dont la peau est une peau de bison, premier animal avec lequel j’avais fait un voyage chamanique en 2021. Notre connexion est puissante. 

Je garde en mémoire ma chienne, un berger allemand, Linka. J’étais jeune quand nous avons accueilli ce bébé chiot. C’était ma meilleure amie, ma confidente. Nous passions beaucoup de temps ensemble. Quand le monde des humains me décevait, quand je me sentais seule, elle était là, toujours prête à me donner de l’amour. Notre relation était simple, c’était de l’amour pur. 

Les animaux sont instinctifs, beaucoup fonctionnent en groupe. Ils ont rapidement compris que seul, ils ne pouvaient pas avancer. Nous avons beaucoup à apprendre en leur présence, ils sont nos enseignants. Ils nous montrent la voie. 

Pour nos besoins, nous avons détruit une grande majorité de leur espace vital. Pour certaines espèces, nous devons agir pour éviter leur extinction, nous les accompagnons dans leur reproduction. Nous avons tellement détruit leurs habitats, que nous devons maintenant les assister dans des actions qu’ils étaient en capacité de réaliser seuls avant. 

Apprenons à prendre soin des animaux. Permettons-nous de passer plus de temps à leur contact. Chaque animal nous apprend une leçon différente. 

Pour terminer 

Pour opérer cette reconnexion au cœur, nous devons passer plus de temps dans la nature, au contact des animaux, avec d’autres êtres humains. En écrivant ces lignes, je me dis “tu ne peux pas écrire ça”, c’est tellement évident. Et pourtant. Quand je me balade en nature, je croise majoritairement des personnes avec des chiens ou des personnes à la retraite. Aujourd’hui, nous sommes enfermés à l’intérieur, nous créons de moins en moins de liens à l’extérieur. Depuis des mois, je travaille sur un projet associatif et je rencontre d’importantes difficultés à réunir des personnes autour de ce projet collectif. Initier ce type de projet demande ainsi de ne pas prendre les choses personnellement et de continuer à avancer dans l’adversité. 

Ainsi, si vous nourrissez ce type de projet de cœur, n’abandonnez pas devant les difficultés qui se présenteront à vous. Entourez-vous de personnes qui croient en votre projet et avancez ensemble !

Naïna Aurélie

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