Le guérisseur

Publié le 24 septembre 2026  /
Le guérisseur

Le Guérisseur 

Un guérisseur a, par essence, dans sa lignée familiale, un ou plusieurs guérisseurs, généralement des sorciers ou des sorcières. On ne se nomme plus ainsi de nos jours, lui préférant une multitude de termes. On les retrouve dans des métiers non conventionnels : médium, énergéticien, cartomancien, magnétiseur… Ou dans des métiers plus conventionnels : psychologue, sage-femme, infirmier, instituteur… Chacun ayant des spécificités, des domaines de prédilection. 

L’essence reste néanmoins la même : un guérisseur, peu importe la casquette choisie. Le guérisseur a une mission : dépasser ses blessures pour pouvoir mettre ses dons à disposition des autres.

Le guérisseur a un parcours de vie chaotique, composé de multiples expériences de vie douloureuses, l’amenant à se dépasser pour réveiller son feu intérieur, son énergie vitale. Il est souvent confronté à la mort ou à un grand traumatisme durant les premières années de sa vie. 

Peu importe le métier choisi, une ou plusieurs personnes de votre entourage vous diront à un moment donné : « Tu es chaman, non ? ». La question que je me suis posée pendant des années est : pourquoi ? J’avais besoin d’y répondre, car je ne comprenais pas pourquoi les esprits avaient souhaité que je choisisse l’appellation « chamane »..

 

Le sorcier

Le sorcier communique avec les esprits : les ancêtres, les végétaux, les animaux. Bien souvent, il communique avec certains esprits uniquement. 

Les savoirs ayant été majoritairement oubliés en Europe, nous naviguons actuellement dans un grand inconnu où chacun tente de trouver un sens à tout ça, bien souvent en se référant à d’autres cultures, posant ainsi des bases sécurisantes pour poursuivre son cheminement intérieur. 

On commence tous par être des sorciers en herbe ; nous avons des capacités depuis notre plus tendre enfance. Généralement, nous les avons « coupées » pour faire comme les autres. Puis, à l’âge adulte, tout se réveille, à des moments différents pour chacun, et la phase de folie commence, qui dure plusieurs mois ou années. On se perd dans toutes les dimensions en découvrant un monde qui nous semble merveilleux.  Nos dons de guérison se réveillent, ce qui flatte des parts de nous blessées et nous entraîne dans des jeux de pouvoir et de projection. On passe alors par la case du sauveur et par le fait d’être perché – perdu dans l’espace multidimensionnel. À ce stade, nous intégrons le sorcier et ses dérives. Nous pouvons, sans bien le vouloir consciemment, intervenir dans les énergies des autres et travailler avec des esprits potentiellement dangereux. 

Le chaman 

Le chaman, tout comme le sorcier, travaille avec les esprits. La seule différence que je verrais avec le sorcier est que le chaman est en capacité de travailler avec tous les esprits (cela ne signifie pas qu’il le fera). 

Le chaman, pour ne pas se perdre dans les jeux de pouvoir et de projection, doit dépasser ses blessures intérieures. L’objectif est simple : ne pas se faire happer par les esprits qui se jouent de ses blessures (un conflit psychique devient un esprit – merci Pascal Bouchet).  De mon point de vue, un chaman sera forcément appelé à côtoyer des esprits sombres et se faire happer quelques fois, pour apprendre à les reconnaître. Durant cette phase, le chaman peut mourir. L’initiation initiale dure plusieurs années et demande un cheminement intérieur intense, toutes les dualités intérieures se révèlent au fur et à mesure du temps. On peut l’apparenter à un travail d’alchimie intérieure. Cette initiation n’a, à mon sens, jamais de fin réelle. Les premières années sont les plus difficiles car il y a de nombreux caps à passer. 

Au fur et à mesure de son cheminement, le chaman devient ainsi le plus neutre possible durant les soins ; il travaille avec les énergies en présence et n’influence rien, ni les esprits qui doivent se présenter, ni les énergies de la ou les personnes à accompagner. Il pose un cadre, des intentions, sans contrôler. Exception faite du travail avec certains esprits de plantes, en posant l’intention de se mettre en relation. On se détache de soi pour devenir, finalement, complètement poreux. Pour parvenir à ce résultat, cela demande une grande maîtrise, notamment afin de ressentir l’énergie des esprits présents et de les faire partir au besoin. 

Hommes et femmes médecine 

En tant que guérisseurs, nous avons donc un travail sur les mémoires à opérer pour devenir les plus équilibrés possible. L’objectif n’est pas de faire de tous des chamans mais plutôt des femmes et des hommes médecine. 

La folie et les illusions ne sont jamais loin et nous devons rester vigilants sur nos dualités intérieures et le monde qui nous entoure. Il n’y a pas les gentils et les méchants, les éveillés et les non éveillés…Il y a une foule de personnes qui tentent de donner un sens à leur vie. Nous prenons bien souvent de grands chemins de traverse avant de s’autoriser à suivre le chemin de ce qui nous fait vibrer intérieurement. La voie à suivre n’est pas forcément la plus simple, c’est même rarement la plus simple. On oublie ainsi le “si ce n’est pas fluide, ce n’est pas fait pour moi”. Se mettre à l’écoute de son intuition, qui s’affine de plus en plus à travers la libération des mémoires. 

Naïna Aurélie

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